Dossier spécial « biotech grenobloise » par Alban Chesneau

Grenoble et le département de l’Isère appartiennent à la région Rhône-Alpes qui totalise 100 000 emplois dans le domaine des sciences de la vie, répartis dans 600 entreprises. Grâce à la convergence de disciplines fortement développées dans la région, telles que la médecine, la biologie, l’informatique et les micro-nanotechnologies, Lyon et Grenoble ont l’ambition commune de devenir un des cinq premiers sites européens en biotechnologies dans les prochaines années.
5 grands projets structurants donnent une visibilité internationale à la région en biologie et en médecine : Le projet Nanobio, Rhône-Alpes génopole, le Partnership for Structural Biology, le cancéropole Rhône-Alpes ainsi que le neuropole.
Dans ce cadre, Grenoble bénéficie d’atouts considérables dans le domaine de la recherche publique grâce à la présence de grands équipements internationaux (ESRF, ILL, EMBL), de partenariats entre grands laboratoires publics (CEA, CNRS, Inserm, Inra, Inria , UJF et CHU) ainsi que la présence d’un tissu industriel très diversifié avec la présence de grands groupes (BD, biomérieux, Roche Diagnostics, Fresenius) et de PME.

Les grands axes de recherche
Avec la présence de gros équipements et d’une compétence historique dans les microsystèmes, Grenoble présente un éventail d’outils uniques à la recherche publique et privée. Le potentiel scientifique multidisciplinaire et la complémentarité avec les atouts lyonnais en biologie et en pharmacie permettent de mettre en évidence les axes futurs de développement en génomique fonctionnelle et structurale, en bioinformatique et en nanobiologie en particulier.

Analyse protéomique et biologie structurale
3 instituts de recherche européens, ESRF, EMBL et ILL ainsi que l’IBS associé à l’UJF (université Joseph Fourier) ont signé le Partnership for Structural Biology en novembre 2002 qui a abouti à la réunion de compétences dans un centre d’excellence en biologie structurale qui a vu le jour à l’automne 2005 ;

l’ESRF est une de sources de rayons X les plus réputées au monde et la plus brillante ; Elle possède des lignes de rayons dédiées à la biologie structurale
L’EMBL jouit d’une forte expertise en biologie moléculaire et structurale. Son expertise au sein du PSB se concentre sur l’expression, la caractérisation et la cristallisation à haut-débit de protéines.
L’ILL est la plus puissante source de neutrons au monde et conduit un projet de marquage de macromolécules biologiques
L’IBS est un des premiers instituts de biologie structurale en France et propose des outils de RMN, de spectrométrie de masse et de microscopie électronique

À la recherche publique, il faut aussi ajouter la présence de la société Protein’eXpert spécialisée dans la production à façon de protéines recombinantes, dans l’ingénierie de protéines ainsi que dans l ‘expression à haut-débit.

Les nanobiotechnologies
La longue tradition d’échanges entre physiciens et biologistes explique le très fort potentiel de Grenoble dans le développement des micro et nanotechnologies orientées vers le vivant.
.Les gros investissements en micro-nanotechnogies de ces dernières années (Minatec, ; Crolles2) prouvent les compétences scientifiques exceptionnelles du site. La manipulation et l’analyse des paramètres de la cellule vivante permettent de mettre au point de nouvelles méthodes pour le diagnostic, la thérapie et le contrôle de l’environnement.
Ainsi le projet nanobio lancé par le CEA et l’UJF en 2002 en partenariats avec le CEA-LETI et de nombreux industriels a pour objectif de développer de nouveaux outils pour l’étude des processus biologiques dans le domaine des biopuces, de la biophotonique et de l’instrumentation en biologie.
Ainsi la recherche sur le développement des biopuces a permis le brevetage de la technologie Micam, utilisée par Apibio et intégrée au groupe Bio-mérieux avec la participation du CEA valorisation.
La recherche appliquée quant à elle est représentée par le LETI (Laboratoire d’électronique, de technologie et d’instrumentation) souvent en partenariat avec des entreprises internationales comme ST Microelectronics, Philips et Motorola ;
À partir de la technologie MEMS (Micro electro-mecanical systems), Memscap et Tronic’s développent des microsystèmes et microcapteurs pour le secteur de la santé.

La bioinformatique
La bioinformatique grenobloise est issue des compétences en informatique et en mathématique appliquée, combinée au potentiel dans les sciences du vivant. Plusieurs laboratoires sont impliqués dans ce domaine en partenariat avec le centre hospitalier universitaire qui mène des recherches à l’interface de la médecine, de la santé, de la biologie et de l’informatique.
Le projet bioinformatique porte avant tout sur les avancées méthodologiques sur l’étude du transcriptome et à la protéomique. Une des actions majeurs dans ce cadre est la création du consortium public/privé Genostar créé à l’initiative de Genome express, hybrigenics, l’Inria et l’institut Pasteur afin de mettre au point une plate-forme bioinformatique de tout premier ordre.

Les nouvelles thérapeutiques
L’expertise de Grenoble en ce domaine s’articule autour de la thérapie génique et cellulaire, du développement de nouveaux médicaments , de la cancérologie et des neuroscience.
Tout d’abord au niveau de la thérapie génique et cellulaire avec l’étude par des équipes grenobloises de l’utilisation thérapeutiques de cellules souches hématopoïétiques par l’EFS (Etablissement français du sang) et par le CHU.
Dans le domaine de la conception de nouveaux médicaments, l’extraordinaire développement de la biologie structurale à Grenoble a permis le dépôt d’une trentaine de brevets dans des domaines allant de la chimie de synthèse de molécules thérapeutiques à l’étude et la caractérisation de leur sélectivité ou de leur réactivité. Ainsi le LEDSS e l’UJF a contribué au succès du taxotère, médicament utilisé contre le cancer. Les recherches sont conduites en partenariat avec des industries de la santé et du diagnostic telles que Pierre Fabre, Sanofi-Aventis, bio-mérieux ou CIS-BIO.
Parallèlement, une chimiothèque ainsi qu’une plate-forme de criblage à haut débit contribuant à la sélection de molécules d’intérêt thérapeutique ont été constitués par le CEA.
Dans le domaine industriel, la société SynapCell utilise ces procédés pour l’analyse du mode d’action de molécules sur le système nerveux.
Dans le domaine de la cancérologie, Grenoble tire profit d’une recherche fondamentale de qualité et d’une recherche préclinique et clinique forte, dans un institut fédératif de recherche « ontogénèse et oncogenèse moléculaire » réunissant 150 spécialistes. Plusieurs équipes notamment au sein de l’institut Albert Bonniot se consacrent aux mécanismes moléculaires de la cancérogenèse. L’IFR abrite aussi une structure de transfert de technologie depuis des laboratoires de recherche vers les laboratoires de l’hôpital et l’unité cancérologie de l’hôpital.
Enfin, Grenoble présente une expertise internationalement reconnue dans le domaine des neurosciences et plus particulièrement en neurochirurgie avec la présence du Professeur Benabid. Un institut des neurosciences à l’origine d’une innovation dans le domaine de la maladie de Parkinson regroupe plus de 200 personnes et dispose d’une plate-forme de neuro-imagerie unique.